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Divers

Petite pause poétique en cette fin d’année avec le travail de la talentueuse Pauline Saglio, étudiante à l’ECAL (Ecole Cantonale d’Art de Lausane). Lire l’heure est devenu une action extraordinairement banale, presque un réflexe, au point que nous regardons mécaniquement l’heure sans y accorder réellement d’attention. Avec Rewind, Pauline Saglio nous propose de prendre quelques instants pour réinvestir notre rapport au temps, se réapproprier cette action devenu si banale de lire l’heure. Pour y parvenir elle n’hésite pas à nous inviter à redécouvrir des geste désuets, tel que remonter une horloge et déclencher ainsi une lecture poétique et envoûtante du temps qui passe.

Voici la seconde partie de mon dossier sur Joseph Kosuth, dans laquelle je m’intéresse à son œuvre Any Five Foot Sheet of Glass to Lean Against Any Wall (1965), que l’on peut considérer comme point de départ de sa pratique conceptuelle.

Je vous rappelle que les publications sur horizon noir sont sous licence Créative Commons dont le détail est présent en bas de la colonne de droite, n’oubliez pas de citer vos sources si vous souhaitez utiliser mes travaux.

Bonne lecture !

Joseph Kosuth, Any Five Foot Sheet of Glass to Lean Against Any Wall, verre 152,4 x 152,4 cm, 1965, lieu inconnu, 2010.

Joseph Kosuth, Any Five Foot Sheet of Glass to Lean Against Any Wall, verre 152,4 x 152,4 cm, 1965, lieu inconnu, 2010.

Sa pratique de la peinture cesse une fois ses études d’art terminées, il entame alors des recherches dans l’objectif de s’affranchir du formalisme et de la composition. Un des premiers pas qu’il fait dans cette direction est l’emploi du verre, matériau qu’il commencera par présenter sous différentes formes – brisé, pilé ou encore empilé – dans des boites elles-mêmes en verre, chacune accompagnée de l’inscription “verre“. La transparence du verre intéresse Kosuth car cela lui permet de s’affranchir des problèmes liés à la couleur, inhérents à la composition et au formalisme. Le choix d’un matériau achromatique découle de ses derniers travaux de peinture, dans lesquels il abandonne l’emploi des couleurs au profit de niveaux de gris. Selon lui, plus précisément selon ce qu’il sait de la psychologie des couleurs, « […] – le noir, le blanc et le gris – suscitent une réaction plus transculturelle que les couleurs chromatiques, » (12) et permettrait donc de véhiculer plus efficacement des idées. C’est au cours de ses travaux avec le verre qu’il se met à utiliser le langage, comme pour ses boites intitulées “verre“ qui préfigurent ses futur travaux tautologiques. En 1965, Joseph Kosuth présente “Any Five Foot Sheet of Glass to Lean Against Any Wall” (N’importe Quelle Plaque de Verre de Cinq Pieds Adossée à N’importe Quel Mur). L’utilisation du langage est ici très importante, elle donne tout son sens à l’œuvre en en faisant un objet tautologique, puisque le titre correspond précisément à ce qui est montré et vice versa. De plus, conformément à ses objectif, cette réalisation n’est ni une sculpture car elle n’est pas vraiment au sol, ni une peinture car elle n’est pas accrochée au mur et est donc un premier glissement hors du formalisme. Cette première pièce est celle qu’il revendique comme sa première expérimentation de la fonction tautologique du langage, il prend alors la décision de dater les pièces qui suivront (Clear, Square, Glass, Leanning (13) ou Box, Cube, Empty, Clear, Glass – a Description (14), par exemple) de 1965, date à laquelle le concept de ce travail à pris forme. En faisant ceci il renforce l’importance donnée au concept qui nous est présenté ici, à savoir la fonction tautologique du langage, au détriment de l’objet qu’il produit pour nous montrer ce concept. Un autre exemple de cet usage de la tautologie est l’oeuvre One and Three Chairs (15) qu’il produit ultérieurement et dans laquelle il introduit l’usage d’un agrandissement (“blow-up”) de la définition du mot chaise, associé à une vraie chaise et sa reproduction photographique à l’échelle 1:1. Cette dernière montre bien la place grandissante du langage dans le travail de Joseph Kosuth et fonctionne comme une charnière dans sa production, le langage y étant présenté à armes égales avec le matériel, là où précédemment il se reposait essentiellement sur le fonctionnement auto-référentiel de l’œuvre et annonce un basculement vers l’emploi du langage seul.

Joseph Kosuth, One and Three Chairs, bois et épreuve gélatino-argentique, 200 x 271 x 44 cm, 1965, centre Pompidou.

Joseph Kosuth, One and Three Chairs, bois et épreuve gélatino-argentique, 200 x 271 x 44 cm,
1965, centre Pompidou.

(12) Art Conceptuel I : art & langage, Robert Barry, Hanne Darboven, On Kawara, Joseph Kosuth, Robert Morris, Lawrence Weiner : du 7 octobre au 27 novembre 1988, CapcMusée d’art contemporain, Bordeaux, Musée d’art contemporain de Bordeaux, Bordeaux, 1988.

(13) Joseph Kosuth, Clear, Square, Glass, Leaning, 4 vitres, 122 x 122 cm chacune, 1965, collection Giuseppe Panza di Biumo.

(14) Joseph Kosuth, Box, Cube, Empty, Clear, Glass – a Description, cubes de verre et lettres noires, 40 x 40 x 40 inch chacun, 1965, Hirshhorn Museum and Sculpture Garden.

(15) Joseph Kosuth, One and Three Chairs, bois et épreuve gélatino-argentique, 200 x 271 x 44 cm, 1965, centre Pompidou.

Hello la compagnie ! Bon les vacances étant là, finit le laisser aller ! Aujourd’hui causons un peu podcast. Gnéé …!? Ah ! Il semblerait que ce ne soit pas aussi connu que ça en ai l’air, bon alors commençons par les bases : qu’est-ce qu’un podcast ? Grosso modo, un podcast peut-être audio ou vidéo mais pas les deux en même temps. et repose sur le même principe qu’un programme radio ou télévisé. Le contenu est extrêmement variable, par exemple on trouve des émissions sur plein de sujets, des cours de langues ou autres ou encore des divertissements en tous genres. Ils sont diffusés à intervalles réguliers ou pas, tout dépend du ou des podcasteurs. Voilà en quelques lignes ce qu’est un podcast ; maintenant passons au vif du sujet, je ne compte pas vous parler de podcasts en général mais bien d’un podcast en particulier : Geek Inc.

geekinccoverbigi-150x150Donc ceux qui suivent auront compris que Geek Inc est un podcast, actuellement diffusé à un rythme de deux épisodes par mois d’une heure quinze environ chacun. L’émission est animée par une très sympathique équipe de geeks, chacun intervenant sur son ou ses sujets de prédilection tel que séries télé, jeux vidéos, mangas, comics, gadgets et accessoire techno, jeux de rôles et plus globalement tout ce que l’on peut regrouper sous l’appellation « actu geek ». Chaque épisode est animé par Cédric et les autres membres de l’équipe vont le rejoindre tour à tour pour aborder ces différents sujets. Personnellement cela va faire un peu plus d’un an que je les suis assidûment et je ne m’en lasse pas, c’est un excellent vecteur de découverte qui propose des tests ou présentations de séries, livres, etc de qualité et qui ne tombent pas dans le travers de la psychorigide mono-opinion binaire. A ce propos, il n’est pas rare qu’une, voir plusieurs, rubrique au cours de l’émission se termine en mini-débat au sein de l’équipe sur l’intérêt de tel ou tel gadget ou la qualité du scénario de la dernière série du moment, loin de parasiter le contenu de l’émission ceux-ci enrichissent au contraire les points de vue qui nous sont présenté. Un autre point que je tiens à saluer – et qui ne fera pas plaisir aux adeptes du « cétémieuavan » – c’est cette capacité à se renouveler, se réinventer régulièrement en proposant de nouvelles rubriques, de nouveaux formats, un nouveau « plateau », etc. Qui contribue grandement, à mon sens, à prévenir la lassitude chez les spectateurs. Bref, éteignez votre télé et faites chauffer votre connexion !

Ha si ! J’ai failli oublier mais grâce (ou à cause, je suis pas encore sur) à geek inc j’ai découvert un jeu en ligne : One Over NYNE, c’est de la gestion façon Ogame mais en vachement plus sympa et avec une dimension mmo bien plus prononcée et en plus c’est français et gratuit ! Bref à tester d’urgence ici : http://oneovernyne.com/

La nouvelle année est là avec ses bonnes résolutions (ou pas !). Donc re-re-re-[…]-reprise d’activité par ici. Quoi de neuf au menu ? Une longue liste d’article en attente depuis l’an dernier, d’ailleurs certains sont tellement en attente qu’ils sont périmés, du coup ça raccourci vachement la liste et ça m’arrange bien (moi fainéant ? NooOOoon, pas le moins du monde, sans doute un peu procrastinateur sur les bords ^^). Donc en ce début d’année, je vous parlerais d’un podcast qui m’a inspiré plus d’un article, je reviendrais sur des travaux réalisé au semestre passé (S3 arts pla. Rennes2) et sur ceux en cours ! Comme ce serait dommage de commencer cette année avec un claquage aux doigts, je ne force pas trop sur le premier billet de 2013 et m’arrête donc ici.

Mangez des fraises !

Diffusée depuis le 22 janvier 2012 sur la chaine Suédoise SVT1, « Akta Människor » – aka « Real Humans » pour Shakespeare ou « Véritables Humains » pour Molière – est une série de science fiction qui aborde le thème de la place des robots au sein de notre société. Crée par Lars Lundström, avec Andreas Wilson dans le rôle de Léo, Lisette Pagler dans le rôle de Mimi, Pia Halvorsen dans le rôle de Inger et Leif Andrée dans le rôle de Roger. Une diffusion est attendue pour l’année 2013 sur Arte.

L’action se déroule dans un futur proche en Suède, des robots humanoïdes appelés « Hubots » ont investi notre quotidien, nous aidant dans les tâches ménagères et travaillant dans l’industrie en remplaçant l’homme dans des situations à risques mais aussi pour effectuer des travaux pénibles. Alors que la population est désormais habituée à les voir évoluer au sein de la société, un groupe de Hubots libres cherche sa place au sein de celle-ci, souhaitant s’émanciper de l’Homme. D’un autre coté, un courant de pensée se forme, prenant le nom de Vrais Humains (d’où le titre !), prônant un retour à une vie sans Hubots. En effet, certains humains se sentent spoliés de leur place dans la société, autant dans leur vie privée que professionnelle. Une bonne partie de la série se construira autour de cette dualité.

Revenons un instant sur l’époque dans laquelle se situe l’action, en réalité peu de chose – voir rien du tout en fait – permettent de situer l’action dans le temps voir même dans l’espace. En effet, le contexte international n’est jamais évoqué (au mieux il y est fait allusion au détour de je ne sais plus quel épisode), de sorte que seul l’environnement quotidien des personnages puisse nous servir de point de repère. Partant de cette observation, certaines sources placent l’action dans un univers parallèle au notre, tandis que d’autre préfèrent la placer dans une sorte de futur plus ou moins immédiat. Personnellement je trouve la seconde option particulièrement séduisante ; il suffit de regarder les immenses progrès technologiques en robotique et en informatique pour se dire que la série n’est peut-être pas si loin de la réalité.

Venons-en maintenant au différents éléments qui ont retenu mon attention. Tout d’abord : les Hubots, je commencerais par féliciter les différents acteurs qui campent les Hubots autant dans les rôles principaux que secondaires. Non seulement le maquillage donne un rendu très impressionnant, mais l’absence totale de vie dans les Hubots les plus basiques est époustouflante, tandis que les Hubots libres découvrent le monde avec un œil étonnamment naïf par moments. Certaines scènes sont d’ailleurs assez troublantes, amenant le téléspectateur à se questionner sérieusement sur la nature même de ceux-ci : simples exécutants robotiques, anges gardiens ou meurtriers ?

Ensuite vient l’atmosphère globale de la série, au premier abord je la définirait comme aseptisée. Tout est fait de manière très « propre », même la façon de traiter la violence est méticuleusement dosée. Cette façon, chirurgicale, de nous présenter l’histoire vient envelopper les Hubots et tout ce qui les concernent d’une sorte d’aura, qui à quelques exceptions, élimine toute hésitations quand à différencier Humains et Hubots. Le Hubots Market en est un exemple assez flagrant. Mais à certains moment, cet aspect aseptisé est totalement abandonné sans pour autant délaisser la minutie avec laquelle sont traitées les différentes ambiances. Alors méthode Suédoise ou griffe du réalisateur ? Le mystère reste pour moi entier, ne connaissant pas assez bien l’un ou l’autre. Toujours est-il que le résultats est saisissant.

Dernier point que je souhaiterais aborder : les relations Humains / Hubots. Le comportement des Hubots, même pour ceux dénués de « libre arbitre », est souvent troublant. Au point que certains Humains ne fasse plus la distinction entre machines et êtres vivants. Cette problématique va soulever des questionnements éthiques chez plusieurs personnages de la série, remettant notamment en question le statut de machine des Hubots. Sont-ils une nouvelle forme de vie ? Ou de simples outils ? A partir de là, les analogies avec certains passages de notre histoire ou encore avec des phénomènes de société actuels sont légion.

Sources : IMDb, Allociné, Wikipédia.

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