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Travaux

Extraits de mon carnet de croquis : recherches pour un logotype basé sur mes initiales.

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Aujourd’hui je vous présente un travail réalisé il y a quelques mois dans le cadre d’un atelier dédié à la pratique du livre d’artiste. Un livre d’artiste, en quelques mots même si cette explication nécessiterait plusieurs pages, est un travail artistique exploitant la forme du livre et de manière plus large la forme de l’objet imprimé (magazine, flyer, fanzine…), mais attention il ne s’agit pas d’une forme de recueil d’œuvres à la façon d’un album photo par exemple. Dans le cadre de cet atelier, il a été demandé aux étudiant de produire une publication d’artiste ; j’ai donc choisit de présenter un livre dans lequel je porte un regard inhabituel sur les monochromes, pour cela j’ai exploité les codes du livre pour instaurer un dialogue entre le minimalisme des monochromes et le regard inquisiteur des sciences pour qui la simplicité n’est qu’une façade. Bref, je vous laisse maintenant regarder ces extraits du livre produit, qui recense une trentaine de monochromes.KleinMalevitch Mack

Allais

Suite et fin du dossier sur Joseph Kosuth, où je m’intéresse à la place du langage dans sa pratique artistique.

Je vous rappelle que les publications sur horizon noir sont sous licence Créative Commons dont le détail est présent en bas de la colonne de droite, n’oubliez pas de citer vos sources si vous souhaitez utiliser mes travaux.

Bonne lecture !

Cette volonté de produire un art sans objet trouve un nouveau souffle à peine un ans plus tard, après ses travaux avec le verre il se met à travailler avec l’eau pour les mêmes raisons que pour le verre. Celle-ci est sans forme en plus d’être sans couleur et lui permet donc d’exploiter ce nouveau matériau de façon analogue au verre. En 1966, il réalise alors un “blow-up”, un agrandissement photographique, de la définition du mot water dans un dictionnaire. Il commence alors une série montrant les définitions des matériaux dont il se sert pour ses productions, contrairement à de
précédents travaux comme One and Three Chairs (16) ou Clock (One and Five) (17 )où les définitions accompagnent un objet réel et sa représentation photographique à l’échelle 1:1, les “blow-up” produits après sont présentés seuls et sont désormais en négatif (texte blanc sur fond noir) là où les précédents étaient en positifs (texte noir sur fond blanc). Ces nouveaux travaux sont fortement autoréférentiels, ils ne présentent plus le matériau dont il est question mais seulement “l’idée” de celui-ci. Dans One and Three Chairs, la composante formelle que constitue la chaise et sa reproduction photographique est tout à fait négligeable car elles doivent être renouvelées pour chaque nouveau lieu d’exposition, il constate alors qu’il est possible d’avoir une “idée” fonctionnant comme œuvre d’art grâce au seul processus tautologique du langage. Il ne reste finalement plus qu’un pas à franchir pour ne retenir que cette “idée” en éliminant ce surplus de composante formelle pour se rapprocher d’un état irréductible de l’œuvre, sa plus petite unité de proposition possible. Ces “blow-up” sont en général réalisées en plusieurs langues car c’est la compréhension du spectateur qui importe ici, comme un écho à la déclaration de Marcel Duchamp :

« C’est le regardeur qui fait l’œuvre. » (18)

et donc dans le cas de ces “blow-up” la compréhension de l’œuvre par le spectateur est la clé de voûte de la démarche entreprise par Joseph Kosuth, cette préoccupation souligne son souhait de redéfinir aussi le rôle du spectateur. Si dans un premier temps Kosuth emploi des définitions de matériaux, il en vient rapidement à employer des mots plus abstrait comme Nothing, Abstract ou Definition puisque si cette œuvre est fortement autoréférentielle, le fait de s’appuyer sur des définitions de matériaux renvoit en quelque sorte à une “idée” du formalisme.

Joseph Kosuth, Titled (Art as Idea as Idea) The Word “Definition”, agrandissement de la définition de “definition”, 144,8 x 144,8 cm, 1966-68, MoMA.

Joseph Kosuth, Titled (Art as Idea as Idea) The Word “Definition”, agrandissement de la définition de “definition”, 144,8 x 144,8 cm, 1966-68, MoMA.

Il lui faut donc s’en séparer en se tournant vers des mots plus “détachés du réel” comme pour le “blow-up” Titled (Art as Idea as Idea) The Word “Definition” ci-contre, pour ses “blow-up” il adopte le sous-titre Art as Idea as Idea inspiré directement d’Ad Reinhardt. À travers ce sous-titre, Joseph Kosuth cherche à interroger l’idée de l’art d’où le doublement de as Idea, car ce dont il est question ici c’est l’idée que nous avons de l’idée de l’art et non simplement un idée de l’art. L’objectif de Kosuth tout au long de ce cheminement depuis Any Five Foot Sheet of Any Glass to Lean Against Any Wall en 1965 jusqu’à Titled (Art as Idea as Idea) The Word “Definition” entre 1966 et 1968, a été d’abolir le formalisme pour pouvoir poser une nouvelle définition de l’art et de la fonction de l’artiste. En s’emparant du processus tautologique et en l’expérimentant, il finit par produire cette tautologie ultime en nous présentant la définition de la définition qui illustre de manière tout à fait intéressante le sous-titre Art as Idea as Idea.

Au travers de ces deux œuvres, l’objectif de Kosuth est d’établir comme une évidence le fait que l’art est tautologique. C’est à dire qu’il se définit par lui-même et pour y arriver il doit mettre en place un nouveau langage. Ce que Kosuth entend en employant le terme langage c’est le moyen d’expression de l’art comme la sculpture ou la peinture par exemple. Pour servir ses objectifs, il s’oriente vers un art sans objets. En effet, malgré qu’il produise des “blow-up” ou des pièces en verre, il insiste à plusieurs reprises sur l’insignifiance des pièces ainsi produites, seul le travail qui conduit à ces pièces compte. Cette idée est contenu dans le titre : Any Five Foot Sheet of Glass to Lean Against Any Wall, l’indication selon laquelle il peut s’agir de n’importe quelle plaque de verre et de n’importe quel mur est directement énoncée dans le titre de l’œuvre et il en est de même pour ses autres pièces comme One and Three Chairs par exemple. Au final, il s’efforce de ne conserver chez son spectateur que “cette idée” et ce faisant il redonne un rôle à ce dernier au sein de l’œuvre artistique, car c’est l’intervention de celui-ci qui confère un sens à l’œuvre. En parallèle il pose l’artiste comme celui qui s’interroge sur l’entité art, d’où l’importance de l’aspect tautologique de l’art puisque c’est, finalement, à l’art de s’interroger lui- même et donc à sa fonction et non à ses potentielles qualités formelles. Ces dernières relevant de considérations esthétiques, qu’il distingue des considérations fonctionnelles, puisque ces considérations esthétiques sont en réalité le reflet du bon goût en vigueur d’une époque au cours de laquelle l’œuvre est élaborée et ne sont pas le reflet de l’accomplissement d’une fonction, visant à apporter quelque chose à la conception de l’art. Ce faisant il poursuit la démarche amorcé par Marcel Duchamp lorsqu’il expose Fontaine (19) à New York en 1917,

« Tout l’art (après Duchamp) est conceptuel. » (20)•

(16) Joseph Kosuth, One and Three Chairs, bois et épreuve gélatino-argentique, 200 x 271 x 44 cm, 1965, centre Pompidou.

(17) Joseph kosuth, Clock (One and Five), English/ Latin Version, horloge et 4 photographies, 1965, Tate.

(18) Marcel Duchamp, conférence autour de l’œuvre Fontaine de Marcel Duchamp, 1965.

(19) Marcel Duchamp, Fontaine (urinoir), faïence blanche recouverte de glaçure céramique et de peinture, 63 x 48 x 35 cm, 1917 – 1964, centre Pompidou.

(20) Joseph Kosuth, Art After Philosophy, art press n°1 dec./jan.1973, p. 27 (traduction de l’article original parut en octobre 1969 dans Studio International).

Si vous vous êtes déjà interrogé sur ce que pouvait être l’art conceptuel alors autant vous présenter celui qui est considéré comme étant à l’origine de ce courant artistique : Joseph Kosuth. Voici donc un de mes travaux en histoire de l’art de cette année dans lequel je devais présenter Joseph Kosuth et deux de ses œuvres, ce qui suit est donc le contenu du dossier que j’ai rendu en fin de semestre et dont j’attendais la note pour décider de le publier ici ou non. C’est un simple travail de recherches/synthèse dans lequel je présente ma vision du travail de Joseph Kosuth entre 1958 et 1976.

Je vous rappelle que les publications sur horizon noir sont sous licence Créative Commons dont le détail est présent en bas de la colonne de droite, n’oubliez pas de citer vos sources si vous souhaitez utiliser mes travaux.

Je vous propose de diviser la lecture de ce dossier en trois parties, la première consacrée à l’artiste et les deuxième et troisième à une œuvre chacune. Bonne lecture !

« […] s’il est impossible d’inventer des formes nouvelles, on peut toujours inventer des sens nouveaux. » (1)

Cette déclaration de Joseph Kosuth,au cours d’une interview accordée à la chaine WBAI le 7 Avril 1970 (2), expose de manière claire et concise la volonté de Joseph Kosuth d’apporter un sens nouveau à l’art et de rompre avec le formalisme. Symbole de son engagement pour la création d’un art conceptuel, son article Art After Philosophy (3) écrit et publié l’année précédente, développe point par point sa critique du formalisme, ses objectifs et ses inspirations. Au cours des années soixante, il met sur pied un mode de travail basé sur la tautologie comme dispositif créateur de sens. Ce dispositif reste aujourd’hui encore un fondement majeur de sa pratique artistique.

Joseph Kosuth est un artiste américain né en 1945 et toujours en activité aujourd’hui. Chef de file de l’art conceptuel dont il pose les bases dans son article en trois parties Art After Philosophy. Il voyage beaucoup entre l’Amérique (U.S.A., Canada, Mexique) et l’Europe à l’issue de ses études à la

School of Visual Arts à New York (où il y enseigne encore au département des Beaux Arts). En parallèle de ses voyages et de sa propre activité artistique il organise des cours et des expositions non officielles d’Ad Reinhardt, Donald Judd, Sol LeWitt ou encore Robert Smithson durant les années 1966 et 1967. En 1967 il fonde la Lannis Gallery à New York, qui sera rapidement rennomée en Lannis Museum of Normal Art et où Joseph Kosuth présentera l’exposition Opening Exhibition Normal Art, dans laquelle l’on retrouve des artistes tels que Andre, Barthelme, Bochner, Darboven, De Maria, Kawara, Kosuth, Kozlov, LeWitt, Lozano, Morris, Rockburne, Ryman, Smithson et d’autres.Lors de cette exposition un élément ne manque pas de souligner l’affinité toute particulière de Kosuth pour Ad Reinhardt, il place les sentences de Art as Art au dessus de l’accueil de la galerie alors que dans le même temps il adopte le sous titre Art as Idea as Idea pour ses travaux. Ce dernier a beaucoup influencé les pratiques de Kosuth et est certainement à l’origine de son usage de la tautologie.

« La seule chose à dire à propos de l’art est qu’il est unique. L’art est art en tant qu’art et tout autre chose est une autre chose. L’art en tant qu’art n’est rien d’autre que l’art. L’art n’est pas ce qui n’est pas art. » (4)

Arrêtons nous un instant sur cette notion de tautologie qu’il est important de bien comprendre pour saisir l’usage qu’en fait Joseph kosuth. Voici la définition du Larousse :

« Tautologie, nom féminin (bas latin tautologia, du grec tautologia) • Négligence de style ou procédé rhétorique consistant à répéter la même idée en termes différents. • Formule logique universelle valide, selon laquelle A OU A -> A (tautologie du calcul des propositions) et ∀x P(x)→Ǝx P(x) (tautologie du calcul des prédicats) » (5)

Cette définition nous présente deux sens pour le terme tautologie, un premier sens littéraire qui souligne l’idée de répétition portée par ce mot et un second sens mathématique qui désigne une proposition toujours vraie. La définition proposée par le site wikipédia hybride ces deux sens en posant la tautologie comme une phrase […] ainsi tournée que sa formulation ne puisse être que vraie (6). C’est cette dernière formulation qui résume le plus efficacement l’emploi de la tautologie par Joseph Kosuth comme dispositif créateur de sens.

Marcel Duchamp a également influencé de façon considérable sa pratique artistique, posant en quelque sorte un socle pour une grande partie des travaux de Kosuth, en déportant la conception usuelle de l’art hors du formalisme – que Kosuth abhorre – tout en en conservant le sens :

« L’événement qui permit de concevoir et de comprendre qu’il était possible de parler un nouveau langage tout en conservant un sens à l’art fut le premier ready-made de M. Duchamp. » (7)

Il rencontre le marchand d’art, commissaire et éditeur Seth Siegelaub en 1968 et participe l’année suivante à l’exposition January 5-31 8 au coté de Robert Barry, Douglas Huebler et Lawrence Wiener.

Lorsque Kosuth parle de ses travaux entre les années 60 et 70, il évoque à plusieurs reprises la crainte de la réification des idées qu’il met en jeu. Le processus de réification permet une […] Transformation, transposition d’une abstraction en objet concret, en chose (9). La crainte de Kosuth est donc de voir ses idées prisonnières des objets qu’il produit pour présenter ses propos. Dans l’interview qu’il accorde à Jeanne Siegel en 1970 (10) il déclare notamment au sujet de la conservation de son travail réalisé pour la Biennale du Whitney :

« On jette les étiquettes, on s’en débarrasse d’une façon ou d’une autre. C’est l’information qui importe. » (11)

Ce raisonnement se retrouve dans plusieurs de ses travaux, par exemple dans One and Three Chairs (1965), ce qui est donné à voir varie en fonction du lieu car ce qui compte c’est l’information, la forme est secondaire.

(1) Art Conceptuel I : art & langage, Robert Barry, Hanne Darboven, On Kawara, Joseph Kosuth, Robert Morris, Lawrence Weiner : du 7 octobre au 27 novembre 1988, CapcMusée d’art contemporain, Bordeaux, Musée d’art contemporain de Bordeaux, Bordeaux, 1988.

(2) Jeanne Siegel, sans titre sur WBAI-FM, New York, 7 avril 1970 (publié sous le titre : “Joseph Kosuth : Art as Idea as Idea”, in Art-Words, Discourse on the 60’s and the 70’s, U.M.I. Press, Ann Arbor, 1985)

(3) Joseph Kosuth, Art After Philosophy, in Studio International, octobre 1969.

(4) Ad Reinhardt, “Art as Art“, in Art International, vol. 6/10, décembre 1962 (traduit en français dans le catalogue Ad Reinhardt, Centre National d’art contemporain, Paris 1973).

(5) http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/tautologie/76858.

(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Tautologie (nda : bien que discutable d’un point de vue lexical, cette définition formule de façon assez juste la notion de tautologie chez Joseph Kosuth.).

(7) Joseph Kosuth, Art After Philosophy, art press n°1 dec./jan.1973, p. 27 (traduction de l’article original parut en octobre 1969 dans Studio International).

(8) http://www.sites.univ-rennes2.fr/cabinet-livre-artiste/auteurs/collectif/january-5-31-1969.

(9) Définition du TLFI (Trésor de la Langue Française Informatisé) via le CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales), http://www. cnrtl.fr/definition/réification.

(10) Joseph Kosuth dans l’interview accordée à Jeanne Siegel, sans titre sur WBAI-FM, New York, 7 avril 1970 (publié sous le titre : “Joseph Kosuth : Art as Idea as Idea”, in Art-Words, Discourse on the 60’s and the 70’s, U.M.I. Press, Ann Arbor, 1985).

(11) Joseph Kosuth, traduction de l’interview accordée à Jeanne Siegel, op.cit. in Art Conceptuel I : art & langage, Robert Barry, Hanne Darboven, On Kawara, Joseph Kosuth, Robert Morris, Lawrence Weiner : du 7 octobre au 27 novembre 1988, Capcmusée d’art contemporain, Bordeaux, Musée d’art contemporain de Bordeaux, 1988.

Bonsoir tout le monde, comme promis voici un petit échantillon des travaux réalisés il y a déjà quelques mois. En premier un travail de design graphique dont le sujet portait sur la création d’une affiche pour un salon de design. Les consignes, plutôt simples, demandaient la création d’un visuel en lien avec le thème du salon et imposaient le texte suivant : « design : entre tradition et innovation ». Au final j’ai construit un visuel basé sur un mécanisme de montre qui, selon moi, traduit assez bien ce double concept de tradition et d’innovation. J’ai également joué avec la typo en renforçant le terme « tradition » avec une police évoquant celle des machines à écrire tout en conservant une cohérence avec la typo principale.

affiche-(web)Second travail, un exercice sur la création de caractères fictifs à partir de deux caractères alphabétique. Voili voilou, je vous laisse admirer le travail :

Oui oui oui je ne me foule pas trop pour le moment ^^

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